Professeur invité au CCDSEE-GSI

Les jeudi 20 et vendredi 21 février 2020

Université de Genève

           Durant son séminaire « L’Union européenne, un nouveau départ ? », Sandro Gozi a transmis aux étudiant-e-s sa vision d’homme politique sur la situation européenne actuelle. Après être revenu sur les bases fondamentales communes à maîtriser pour comprendre le fonctionnement de l’Union européenne (articles centraux des traités, procédures législatives, grands événements historiques européens etc.) et pointer ses valeurs, Sandro Gozi a évoqué les grandes questions qui structureront l’avenir de l’Union européenne. On compte parmi elle la crise que traverse actuellement l’Union européenne à travers la question de la mise en œuvre de ses valeurs, de l’état de droit, des clivages, des populismes autoritaires et de la question migratoire. Cette crise a été l’occasion d’aborder les principaux défis et menaces auxquels doit faire face l’Union européenne telles que gouvernance de la zone euro, le climat, la défense et la sécurité ou encore les questions du déficit démocratique et de la solidarité. A ce propos, il a expliqué que la solidarité est un principe fondamental des traités européens. Il est question dans la Déclaration Schuman d’une « solidarité de fait » qui font de la solidarité le socle de l’Union européenne. L’Union européenne est fondée sur un triptyque : la coopération qui renforce, la compétition qui stimule et la solidarité qui unit. Pourtant, la solidarité est souvent délaissée. Cela induit un certain nombre de crises européennes car c’est renoncer du même coup en partie à la coopération et mettre à mal la compétition. Il s’agit là selon Sandro Gozi d’une des grandes tendances qui rend l’Union européenne aujourd’hui plus faible, plus divisée et moins légitime aux yeux des peuples. Or, le monde a changé et évolue dans un climat d’interdépendance qui invite à se tourner vers plus de politiques de solidarité. L’associatif ne fonctionne plus aussi bien et peut conduire, dans le contexte européen actuel, à de nouvelles crispations autours de postures souverainistes voire égoïstes. Sandro Gozi a alors demandé aux étudiants la mesure dans laquelle nous avons besoin d’un nouveau contrat social européen et d’une union sociale européenne.

De nombreuses autres questions et problématiques ont été posées aux étudiant-e-s par Sandro Gozi. Les étudiant-e-s ont réfléchi sur les défaillances du règlement de Dublin, sur la question de la sécurité européenne et de la dimension extérieure de l’Union européenne ou encore sur la gouvernance de la zone euro et le néonationalisme. Autant de débats et de réflexions qui ont laissé une large place à un dialogue avec les étudiant-e-s.