J’ai fini l’Institut il y a très longtemps, et j’y suis encore. Après mon diplôme, je suis devenu assistant pendant que je poursuivais un doctorat à Lausanne (faute de pouvoir faire ce doctorat à l’Institut qui n’en délivrait pas – et qui n’en délivre du reste toujours pas). Au terme de mes cinq ans d’assistanat, j’ai entrepris une recherche dans plusieurs pays sur le thème « les partis politiques et l’Europe ».  Puis je suis entré au Centre Européen de la Culture, une association créée en 1950 par Denis de Rougemont, avec laquelle j’ai participé activement à divers programmes culturels et politiques dans les pays d’Europe centrale juste après la chute du Mur de Berlin, me rendant souvent sur place. En 1993, j’ai quitté le Centre et retrouvé l’Institut comme chargé de cours, pour le quitter à nouveau en 1998, cette fois-ci pour m’occuper d’une Fondation ayant vocation à promouvoir le développement durable au niveau local et régional dans l’ensemble de l’Europe.  Parallèlement, j’ai effectué de nombreuses missions d’expert dans les Balkans pour y développer la démocratie de proximité, chose qui m’occupe encore beaucoup aujourd’hui. J’ai retrouvé l’Institut en 2008, comme chargé de cours, ainsi que le Centre Européen de la Culture à la même époque. Rien de tout cela n’était prémédité. Mais je me rends également compte, rétrospectivement, que tout ce que j’ai pu entreprendre après mon diplôme a correspondu à des centres d’intérêt que Denis de Rougemont cherchait à communiquer à ses étudiants. Je pense ainsi qu’un enseignement réussi n’est pas nécessairement celui qui peut vous donner un « job », mais celui qui vous façonne d’un point de vue personnel.

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François Saint-Ouen
Chargé de cours au GSI, responsable de l’Atelier Denis de Rougemont