En 2010, José Manuel Barroso, parlait d’un « signal fort pour notre engagement en faveur de l’avenir des pays des Balkans » après la déclaration du Conseil Européen accordant au Monténégro le statut officiel de candidat à l’adhésion de l’Union Européenne. C’est le quatrième pays issu du démembrement de l’ex-Yougoslavie à avoir la possibilité de joindre l’organisation. Toutefois, l’adhésion pourrait encore prendre un certain temps. De lourds efforts sont encore à fournir en terme de contrôle financier ou encore de protection des consommateurs et de la santé.

Mais beaucoup connaissent mal ou peu ce pays bordé par la mer Adriatique qui a obtenu son indépendance le 3 juin 2006 ; après un référendum positif dans le but de séparer cette région de la Serbie.

Monténégro

L’agriculture et l’agroalimentaire représentent 15 % du PIB du pays, les principaux produits exportés sont le vin et la bière ce qui créé une substituabilité agréable avec les pays européens au niveau des flux commerciaux. L’industrie de l’aluminium représente 40 % du PIB et 80% des exportations du pays. Le tourisme joue un rôle important et représente 15 % du PIB. La plupart des échanges sont réalisés avec l’Union Européenne.

C’est un secteur en expansion qui se développe grâce à des infrastructures de plus en plus nombreuses et l’écotourisme qui est une forme de périple respectueux de la nature et des populations locales. Le Monténégro va sans nul doute devenir une destination de vacances très populaire pour les européens, notamment grâce à la ville littorale de Kotor qui est l’une des cités médiévales les mieux préservées de l’Adriatique et placée sur la liste du patrimoine mondiale de l’UNESCO. Le territoire dispose d’une culture riche et d’une histoire passionnante comprenant une lutte contre les Turcs puis les Ottomans et des frontières mobiles qui ne se sont fixées qu’au XXIème siècle.

Récemment le pays et sa capitale Podgorica ont souffert des conséquences de la crise économique et financière de 2009 mais grâce aux pressions du FMI, il a mené des politiques de réformes intensives afin d’accroître sa compétitivité et sa flexibilité sur le marché du travail. Cette flexibilité tout juste acquise est un atout très important à conserver elle est essentielle à la résistance aux chocs économiques. L’Etat s’est aussi maintenu viable grâce à une économie souterraine dont l’ampleur est difficile à estimer.

Le pays est toujours économiquement fragile mais son taux de croissance en 2013 était de 1.5% ce qui dans la conjoncture actuelle est un « score » très acceptable. Le taux d’inflation est toutefois de 4% ce que la Banque Centrale Européenne compte corriger rapidement. Elle a déjà pris contact avec la Banque Centrale du Monténégro et la coopération devrait être agréable.

Le Monténégro est stable politiquement, c’est une république parlementaire multipartite, pour l’instant mené par un président et un gouvernement social-démocrate. La Constitution présente le pays comme une démocratie où les droits civils et la justice sociale sont protégés. C’est d’ailleurs la première Constitution au monde qui mentionne la protection de l’environnement.

L’Etat a réussi, ces dernières années à se rapprocher des objectifs d’une multitude de critères d’adhésion et a fait de son intégration à l’Union Européenne et à l’OTAN les éléments principaux de sa politique extérieure. Toutefois, les conflits ayant eu lieu dans les Balkans restent des plaies difficiles à panser et les relations avec la Serbie sont pesantes notamment depuis la reconnaissance du Kosovo par le Monténégro. L’Etat voisin n’a d’ailleurs pas un bilan aussi positif.

Mais le processus d’élargissement suit son cours et intégrer le Monténégro – pays jeune mais solide – est un pas en avant pour l’Union Européenne et promet un avenir dynamique à ce pays d’à peine 700 000 habitants.