En étroite collaboration avec Pauline Leroy, étudiante à l’unige

Au XXIème siècle, tout va bien. La femme est instruite, représentée et libérée. Pourtant, elle persiste à se débattre dans la société occidentale qui lui a tant cédé. Pourquoi? Elle devrait être heureuse et épanouie. Le féminisme existe encore bel et bien, et il a ses fondements sociaux, malgré tout le mal que l’on en pense. Car si le féminisme et ses revendications paraissent souvent abusifs, tout n’est pas à jeter. Loin de là. Mais certains mouvements lui font du tort. Regard sur des phénomènes féministes extrêmes dans le monde occidental, et bref aperçu de leurs torts et raisons.

Un débat émotionnel

Etant des femmes progressistes, et des étudiantes en sciences sociales, c’est avec curiosité que nous nous sommes renseignées sur les différents types de féminisme ainsi que l’image qu’ils renvoient aux femmes et aux hommes. En effet, il s’agit d’un thème qui recourt très souvent à l’émotion voire à la passion. Les femmes contre les hommes dans une guerre du sexe! Cependant, par cet article, nous souhaiterions dénoncer les mouvements féministes qui se battent pour les droits des femmes qu’à travers l’annihilation du statut masculin au sein de la société.

Castrer les hommes

D’abord, abordons les mouvements féministes castrateurs des hommes qui mettent en avant la nécessité de rabaisser les hommes afin d’obtenir davantage de droits féminins. Le but ici est de supplanter, voire d’écraser la domination anthropologique masculine ou encore de réécrire le double standard sexuel. Certaines veulent pouvoir adopter ces mêmes comportements masculins si critiqués, notamment le fait de collectionner insensiblement des conquêtes, de se vanter d’une sexualité débridée, etc. En effet, derrière la volonté affichée d’être forte et inflexible face aux hommes se cache un complexe d’infériorité refoulé et hérité du système patriarcal et machiste répandu dans le monde, dans lequel la femme est considérée comme inférieure et dépendante des hommes. Or, si la femme veut être véritablement indépendante et non-soumise à l’homme, pourquoi exigerait-t-elle une pension à son ex-mari suite à un divorce, même dans le cas où elle travaille et reçoit un même salaire pour un même travail qu’un homme? Pourquoi trouverait-elle légitime que la garde des enfants soit automatiquement attribuée à la mère au détriment du père? Ou encore, pourquoi recourrait-elle au chantage sexuel pour obtenir des faveurs d’ordre privé ou professionnel?

Les femmes progressistes que nous sommes voient l’intérêt de s’émanciper du joug patriarcal, mais pas dans le but d’arracher des testicules. Ne plus dépendre des hommes financièrement et moralement ne signifie-t-il pas plutôt redéfinir les règle du vivre ensemble pour que la guerre des sexes touche à sa fin? Dans tous les cas, nous ne voyons pas l’intérêt d’un sexe en dominant un autre, car le progrès social doit permettre à tout le monde d’avoir sa place. Mais c’est un point de vue personnel…

L’égalité à tout prix

Ensuite, penchons-nous sur les mouvements féministes qui exigent la stricte égalité entre les sexes dans tous les domaines. Intuitivement, les hommes et les femmes ne sont pas et ne seront jamais égaux ni identiques biologiquement, malgré les avancées technologiques… D’ailleurs, le fait de montrer les deux sexes comme identiques est à la fois faux et dangereux. Car leur corps ainsi que leur rôle deviennent ainsi interchangeables, alors qu’ils restent substantiellement distincts. Le respect de cette singularité est vital pour le vivre ensemble. Car, la recherche d’égalité, c’est aussi reconnaître les différences.

Citons les sociétés traditionnelles où les femmes ne se reconnaissent pas dans ces féminismes à l’occidentale qui font primer l’égalité généralisée entre les deux sexes comme signe de progrès. L’égalité des sexes n’est un manque de distinction entre les sexes. C’est une égalité de traitement. D’ailleurs, une autre approche serait d’orienter leur combat pour des causes comme l’expansion d’un congé parental partagé équitablement entre la mère et le père ou encore la garde partagée des enfants suite à une séparation.

Le problème ici soulevé est la non-acceptation des femmes par les femmes elles-mêmes. C’est affolant! Car si être l’égale d’un homme est devenir un homme, il n’y a plus de place pour la femme dans le monde. Les femmes doivent se revendiquer femmes, et accepter leurs différences avec les hommes, tout en apprenant à se respecter et à se faire respecter pour ce qu’elles sont. Un point pour elles: il est difficile d’apprendre à se respecter lorsque personne ne nous l’a appris.

Le respect

Il est en effet vite dit que les femmes devraient se respecter. C’est un processus à la fois personnel et sociétal, qui demande de reconsidérer certains aspects du vivre ensemble. Ce n’est pas parce qu’une femme ne se soumet pas à son conjoint qu’elle ne le respecte pas. Ce n’est pas non plus en le dénigrant qu’elle se respectera mieux. Le respect de soi passe par le respect de l’autre. C’est la base du vivre ensemble. C’est une façon rationnelle d’aborder le féminisme, qui évite de se battre sur des principes du style « les homme sont tous nuls ». Mais cela reste difficile, surtout lorsque les émotions s’en mêlent.

Notre position?

Nous sommes des égalitaristes dans le traitement social, juridique, économique et politique. C’est-à-dire que tous les hommes et toutes les femmes dans toute société humaine devraient pouvoir vivre à l’abri de tous besoins fondamentaux de façon égale, ainsi que d’avoir équitablement accès aux mêmes droits économiques et politiques.

Nous avouons ne pas avoir été exhaustive quant à l’ensemble des mouvements féministes existants. Nous n’avons volontairement pas cité de noms pour appuyer ces dénonciations, car notre seule motivation n’est pas de stigmatiser ces mouvements, mais plutôt de souligner leurs contradictions, ainsi que leur manque de représentativité de la population féminine mondiale. La question du genre s’étend à d’autres domaines dont nous ne traiterons pas, comme le corps humain ou la sexualité (oui, la sexualité).

En résumé, être féministe aujourd’hui, c’est pouvoir être qui l’on veut sans être jugée et sans se comparer perpétuellement aux hommes. Il ne faut pas imposer aux femmes les mêmes valeurs masculines, ou encore revendiquer des droits identiques, voire davantage de droits. En effet, la vraie libération de la femme ne consiste pas à copier l’homme, mais à inventer une femme libre et différente. Car être féministe, c’est prendre ce qu’il y a de meilleur chez les hommes et les femmes et rejeter le pire chez chacun. Donc, être véritablement féministe c’est de porter le même amour et la même solidarité aux hommes comme aux femmes en occupant la place d’être humain qui nous est toujours revenue aux côtés de celle des hommes, main dans la main. Et faire l’amour, pas la guerre.