Par curiosité, un dimanche comme les autres, je décidais  de regarder Monuments Men. C’est un film sorti en mars 2014, réalisé par l’une des personnalités mondiales les plus aimées : Georges Clooney. Celui-ci a regroupé ses très célèbres amis dans un casting plutôt impressionnant de personnages masculins : Matt Damon, Bill Murray, John Goodman, Jean Dujardin, Hugh Bonnevillle et Bob Balaban. Un seul personnage féminin a réellement une importance et il est joué par Cate Blanchett.

Je ne m’attendais pas à un chef d’œuvre absolu, mais naïvement je pensais voir un film patriotique basé tout de même sur des faits historiques (les médias revendiquent le côté « histoire vraie »), comptant la traque stratégique des Américains pour retrouver des œuvres d’art subtilisées. Je pensais aussi qu’il y aurait quelques clichés mais seulement à valeur ouvertement humoristique. Quelle ne fut pas ma surprise en découvrant un film abondant de stéréotypes et de ce qu’on pourrait qualifier de propagande à peine déguisée ! J’éviterai d’ailleurs de m’étendre sur le fait que regarder un film sert à s’informer et/ou à s’évader, dans ce cas ce long-métrage ne m’a apporté aucune connaissance et je me suis profondément ennuyée.

Revenons sur ces stéréotypes pluriels.monuments_men

Tout d’abord, cherchant les œuvres d’art, deux Américains trouvent l’or des Allemands. Ai-je réellement besoin de vous expliquer la symbolique de l’or ? Le métal précieux par excellence, inoxydable, inattaquable et lié à l’histoire américaine de tout temps.

Puis le personnage de Georges Clooney évoque New York avec nostalgie, une image adorée par le reste du monde. En effet, il cite Manhattan, le New York Times, le goût du bagel et du café. C’est exactement le même cliché de la société dynamique new yorkaise que l’on peut relier à notre époque.

Enfin, la figure du mâle: l’un des membres du groupe des “Monuments Men” se rapproche pendant le film du personnage féminin. Il refuse ses avances , car c’est un homme correct qui colle aux valeurs attendues de lui. Ce qui compte réellement dans cette scène, c’est l’image admirable de l’Américain moyen, si viril mais si sensible.

J’ai aussi repéré une multitude d’éléments qu’on pourrait qualifier de propagandistes – bien que le terme soit fort – je vous ai sélectionné ceux que je considère comme les plus probants.

Les Américains sont héroïques, sympathiques, éduqués, déterminés à réussir leur mission pour le bien de la culture et ont le sens de l’amitié. Ils sont bien sûr pacifiques. On ne les voit jamais tuer un personnage. Cependant, on peut les observer : ramener un blessé sur un brancard artisanal, risquer leur vie (deux d’entre eux décèdent pour la cause défendue), et insulter gentiment un enfant qui leur tirait dessus.

On y évoque aussi les valeurs de la famille avec une dernière lettre à un père admiré ainsi qu’une scène finale où le personnage principal revient en Europe voir la statue pour laquelle l’un des leurs est tragiquement décédé et y emmène son petit fils s’éloignant ensuite dans l’ensoleillement le plus divin.

Aussi, nous pouvons allègrement nous permettre de mettre en doute le fait que ces Américains ne volent pas les œuvres d’art mais les restituent TOUTES à leurs homologues européens ; contrairement aux Russes qui sont aussi à la recherche des œuvres mais qui eux souhaitent les conserver. Les Américains ont d’ailleurs récolté la plus grande collection privée du monde. Il est important de se comparer aux autres pays, sans oublier l’Allemagne, qui bien sûr est critiquée ouvertement mais comment faire autrement lorsque l’on parle de la Seconde Guerre mondiale ?

On les soupçonne alors tout le film de voler cet art européen si cher à notre continent. Ils nient et bien sûr aucun n’en avait l’intention. Cela souligne la réussite de cette mission gouvernementale (en coopération avec la France principalement) où aucun traître n’apparaît et où tous s’entendent parfaitement et sont unis à l’image des États fédérés.

Ils prônent la place de la culture, de l’histoire et de l’art en citant des peintres et sculpteurs mondialement connus afin que le spectateur se sente aussi instruit que les glorieux soldats : Rembrandt, Monet, David…

Pour conclure le discours final, accompagnant la dernière scène que j’ai déjà évoquée, est grandiose : est-ce que la mission valait le coup malgré la mort de deux agents? Oui. Les gens se rappelleront-ils que d’autres sont morts pour la protection de l’art et de la culture? Oui.

Ce film est donc plein de bons sentiments et comme vous l’avez deviné je ne vous le recommande pas. Mais si vous souhaitez vous aussi vous amuser à pointer les détails historiquement incorrects, clichés et propagandistes alors bon visionnage !