Les 12 et 13 octobre 2018, les étudiants du Global Studies Institute ont eu la chance de suivre un colloque dispensé par Monsieur Sandro Gozi, ancien Secrétaire d’État italien aux Affaires européennes (2014-2018) qui a également travaillé à la Commission européenne au sein du Cabinet de Romano Prodi (2000-2004).

Son enseignement intitulé « Nouvelle perspective italienne sur l’Europe » était modéré par le professeur Dusan Sidjanski, en collaboration avec Ema Galifi.

L’ancien Député italien (2006-2018) a brossé un tableau des différents enjeux de l’Europe actuelle et a partagé son expérience de la construction européenne vue ‘de l’intérieur’. C’est précisément son point de vue d’insider qui a rendu cette conférence particulièrement intéressante. En effet, pendant ses dix ans de travail auprès de la Commission européenne, Monsieur Gozi a traité de thèmes très variés, allant des affaires institutionnelles, aux questions liées à l’éducation et à la culture et en passant par les problématiques de coopération régionale dans les Balkans et en Méditerranée.

Lors de la première journée d’enseignement, Sandro Gozi a articulé son intervention autour de la question de « l’âme européenne », abordant à la fois la notion de valeurs communes, le ou les sentiment(s) d’appartenance en Europe, de même que des thèmes d’actualité, telles que les procédures de sanction lancées par l’Union européenne (UE) à l’encontre d’états membres – à l’instar de l’Article 7 du Traité de l’Union européenne (TUE) que le Parlement Européen a invoqué contre la Hongrie en septembre dernier.

De plus, cette première matinée de réflexions était centrée sur l’importance de la solidarité européenne, à distinguer, selon Monsieur Gozi, des réflexes purement associatifs qu’il conviendrait de remettre en question – notamment en raison des défis actuels que rencontre l’Europe, liés au contexte géopolitique mondial et à la stratégie du marché économique global.

Le deuxième grand thème proposé était celui l’Europe sociale, à travers le prisme de la zone euro et de ses défis actuels. Ainsi, la réconciliation entre la question démocratique et les multiples enjeux de la zone euro faisaient partie des sujets phares développés par Sandro Gozi. Ce dernier a par exemple partagé son expérience de haut fonctionnaire européen car il a pu suivre de très près les évolutions du plan d’aide européen proposé à la Grèce en 2015.

Cet angle de vue a permis à Monsieur Gozi de proposer des alternatives face aux crises européennes sous-jacentes, à savoir les problématiques relatives à la solidarité et au déficit démocratique, entrainant alors une certaine méfiance des citoyens Européens face à la polarisation de ces défis ‘technocratiques’ à Bruxelles, souvent montrée du doigt – phénomène que Sandro Gozi explique d’ailleurs dans son ouvrage intitulé « Non, ce n’est pas la faute de Bruxelles » (2007).

La deuxième matinée avait pour thèmes principaux les enjeux des prochaines élections européennes et le futur de l’UE – échéance temporelle qui clôturera la dernière partie de cet enseignement de manière plutôt symbolique avec les élections de mai prochain en ligne de mire.

Finalement, au-delà des thèmes abordés, c’est avant tout le point de vue de Sandro Gozi qui était captivant : en tant qu’acteur de la construction européenne depuis plus de dix ans, son approche nous permet, en tant qu’étudiants du GSI, de mettre en perspective nos connaissances théoriques de l’Europe – ses instruments juridiques et ses institutions – afin d’examiner des cas pratiques… Une conférence inspirante pour ceux qui seront peut-être les constructeurs de l’Europe de demain.

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