Dimanche 18 octobre dernier, les Suisses étaient appelés aux urnes afin de renouveler les membres de leur parlement national. Les résultats sont tombés. L’extrême droite bat des records jusqu’alors jamais atteints. L’UDC réaffirme sa place de premier parti de Suisse en engrangeant près de 30% des suffrages et comptabilise aujourd’hui 65 des 200 sièges du Conseil National.

Durant cette campagne, le parti a misé sur plusieurs slogans dont un en particulier a attiré notre attention. « Rester libre » nous dit-on. Un slogan rassembleur, attractif et qui nous donne envie d’y croire. Mais au fait, qui ne veut pas rester libre ? Et libre de quoi et surtout vis-à-vis de qui ?

Des réfugiés ? En quoi des personnes fuyant un conflit constituent-ils une menace pour notre stabilité économique, politique et sociétale ? De l’Union européenne ? N’aurait-elle pas d’autres préoccupations plus prioritaires que la volonté d’écraser son petit voisin suisse ? Et surtout pourquoi voudrait-elle entretenir une telle relation avec un pays voisin avec lequel ses relations sont si étroites ?

Quelles solutions le premier parti de Suisse prône-t-il pour que le pays « reste libre » au travers de ses différentes initiatives ? Suite au 9 février, un abandon de la libre-circulation des personnes avec l’UE. Excellent pour la place économique suisse et son besoin continu de personnel qualifié ainsi que pour les Suisses qui exercent ce droit en travaillant ou en étudiant à l’étranger. Une primauté du droit national sur le droit international. Formidable pour la crédibilité du pays au sein de la Communauté internationale ainsi que lors des prochaines négociations internationales qui l’attendent. L’interdiction du port de la burqa sur le territoire suisse. Intéressant, surtout lorsque le nombre de femmes en burqa sur les affiches UDC dépasse le nombre de celles qui se baladent réellement dans les rues suisses. Un référendum contre la réforme du droit d’asile. Evidemment, il faut encore le restreindre quand on sait que seules un quart des demandes d’asiles aboutissent aujourd’hui.

La liberté pour l’UDC c’est donc de couper notre pays et ses citoyens de leurs relations avec le reste du monde. C’est se replier sur une étrange vision de la « nation » suisse qui se développerait très bien toute seule et pour qui toute contribution externe constitue un véritable danger. A quand une initiative UDC pour construire un mur autour de la Suisse afin que nous puissions être protégés de ces problèmes toujours plus nombreux et provenant toujours de l’extérieur ?

L’UDC premier parti de Suisse donc. Et nouveauté 2015 : premier parti chez les jeunes suisses. L’UDC a encore de beaux jours devant elle pour permettre aux Suisses de rester libre.