La justice européenne a annulé hier, mercredi 17 décembre, l’inscription du mouvement palestinien Hamas de la liste des organisations terroristes reconnues par l’Union Européenne ; tout en maintenant temporairement le gel de ses avoirs en Europe. Le Tribunal de l’Union européenne précise que cette annulation « n’implique aucune appréciation de fond sur la question de la qualification du mouvement Hamas de groupe terroriste ». L’Union Européenne n’avait en effet pas informé au préalable le mouvement de son inscription sur la fameuse liste, il y a treize ans de cela : c’est un vice de procédure.

Les médias et le premier ministre israélien se sont déjà insurgés de cette décision mais il est important de rappeler que celle-ci est légale et non politique. C’est exactement le même type de décision qui avait été pris pour le mouvement séparatiste tamoul des Tigres de libération de l’Eeelam en Octobre 2014. N’oublions donc pas que le mouvement islamiste vise la destruction de l’Etat d’Israël et continue les attaques contre les civils palestiniens.

Par conséquent, l’Union Européenne considère toujours politiquement le Hamas comme une organisation terroriste. Le Conseil a trois mois pour prendre une nouvelle décision sur le gel des fonds et les demandeurs ont deux mois pour se pourvoir en appel auprès de la Cour de justice contre cette décision.

L’impact symbolique est toutefois majeur puisque de nombreux Etats dans le monde reconnaissent désormais l’Etat Palestinien, projet pour lequel le Hamas se bat. Le Conseil de Sécurité ne va pas tarder à se prononcer sur une résolution qui pourrait changer l’angle du conflit et sortir de l’impasse les négociations entre les deux pays. Toutefois, les Etats-Unis ayant un droit de véto, la résolution pourrait bien ne pas être voté. La pression exercée au gouvernement israélien est pourtant réelle et les élections imminentes dans le pays pourraient faire avancer les négociations. Du moins, c’est que ce que la communauté internationale espère.

L’Union Européenne a avancé une solution comprenant deux Etats vivant côte à côte, et une coopération pacifique avec les pays voisins de la région. Le projet semble utopique et l’organisation reste très vague. Cela nous démontre une nouvelle fois que la politique extérieure de l’Union Européenne est un projet inachevé malgré les visites de Catherine Ashton et Federica Mogherini dans la région ces dernières années.

La résolution du Parlement Européen ne montre pas vraiment une voix forte et solide puisque celui-ci n’apporte qu’un soutien à la reconnaissance de l’Etat Palestinien. L’institution s’aligne alors sur les avis britanniques, irlandais, français ou encore espagnols. Il y a donc tout de même une stratégie cohérente commune pour l’instant et l’Union Européenne pourrait nous dévoiler sa réelle influence diplomatique dans les prochains mois. A suivre!