Le 24 avril dernier, seize étudiants du master GSI en études européennes ont rendu visite à la délégation de l’UE aux Nations Unies. Ils ont pu y découvrir, de l’intérieur, le travail quotidien de la délégation dans le domaine des droits de l’homme et dans celui de la migration et de l’asile. Les échanges et les questions ont été constructifs entre les étudiants et les chefs de section. Ils sont notamment revenu sur les conclusions du Conseil européen extraordinaire, réuni la veille à Bruxelles suite aux tragédies en mer Méditerranée.

10386269_611991152234703_5513088346545156146_n               11150429_10153197667894019_8563990185379928397_n

Le traité de Lisbonne a permis le développement d’un solide réseau diplomatique européen à travers le monde.Aujourd’hui l’UE dispose de 139 délégations, dont deux à Genève: l’une se concentre sur les travaux de l’OMC, tandisque l’autre représente l’Union aux Nations Unies et dans les nombreuses autres organisations internationales de la ville. Seuls les Etats peuvent être membres des NU: l’UE doit donc se contenter d’un statut d’observateur « amélioré ». Cependant des déclarations communes ont été signées entre les deux entités. Ainsi par exemple dans le domaine des gestions de crises internationales, l’Union peut agir directement sous mandat des NU.10994875_10153197668039019_3361335247961405790_n

Néanmoins elle ne dispose souvent pas du droit de vote; sa fonction principale consiste donc à coordonner les positions des 28 Etats membres. Au final, une fois le consensus atteint, le pays présidant le Conseil – la Lettonie actuellement – prend le relais et transmet le message dans les enceintes internationales. Mme Lucie Samcová, chargée de la communication et de la coordination politique l’affirme: sur la grande majorité des problèmes, une position commune peut être atteinte . Des prises de contact se font également avec les pays candidats à l’adhésion.

 

Le Conseil des droits de l’homme

11165179_10153197668809019_2239751575421770978_nL’UE est également présente au Conseil des droits de l’homme, créé en 2006. Cette institution multilatérale, regroupant 47 Etats élus, se réunit trois fois par année. Chaque année, près de 120 résolutions sont prises ici au bord du Léman, avant d’être examinées par l’Assemblée générale des NU à New York lors de la session d’automne. Là aussi l’Union à pour tâche de parler d’une seule voix. Jusqu’en 2013, la question du Moyen-Orient restait une pierre d’achoppement, mais depuis un consensus a été trouvé.

La cheffe de la section des droits humains, Christina Kokkinakis, d’origine autrichienne, 10482118_10153197668204019_6203645326774214476_nrelève dans un français soigné: l’Union, le Canada et les Etats-Unis privilégient un dialogue étroit et régulier avec les ONG. Celles-ci peuvent se faire entendre directement auprès du CDH en tant qu’observateur, ce qui n’est pas prévu dans les autres agences onusiennes.
Mais que se passe-t-il en cas de violations des droits humains par un Etat membre de l’UE? Mme Kokkinakis souligne clairement qu’une telle intervention contre un membre ne peut se faire devant le CDH. Le linge sale se lave en famille: c’est au Parlement européen que de telles questions doivent être abordées. Il est également nécessaire de rappeler que, contrairement au Conseil de sécurité, qui est habilité à prendre des mesures coercitives – et notamment des interventions militaires sur la base du chapitre 7 de la Charte – le CDH ne peut compter que sur la force des pays pour engager des sanctions.